Ce portail agrège trois sources de données ouvertes officielles, complétées par le travail de mise en qualité de Colin Maudry.
Les supports de publicité
En France, les acheteurs publics ont l'obligation de publier leurs consultations sur un support adapté à leur montant et à leur nature. En dessous des seuils européens, ils peuvent choisir entre le BOAMP, un JAL ou une plateforme de dématérialisation. Au-dessus des seuils, la publication au BOAMP et au JOUE est obligatoire.
Les JAL - Journaux d'Annonces Légales - sont des journaux habilités par arrêté préfectoral à publier des avis de marché. Il en existe plusieurs centaines en France. Leurs données ne sont pas agrégées, pas standardisées, pas accessibles en open data.
Les profils d'acheteurs
Les consultations sont publiées sur des plateformes de dématérialisation - aussi appelées profils d'acheteurs. PLACE est la plateforme nationale de l'État. Mais il en existe d'autres, déployées par des éditeurs privés :
Chaque plateforme a ses propres formats, ses propres règles d'accès, ses propres APIs (quand elles en ont).
Il serait plus simple de concaténer directement les données issues des plateformes - cela permettrait de trouver les consultations sans passer par une publication BOAMP, mais on se heurte à deux obstacles : la multiplicité des profils d'acheteurs et l'absence d'API publique et coordonnée entre eux.
Le recours aux agrégateurs privés
Le résultat concret : une entreprise qui veut faire sa veille seule est aujourd'hui bloquée. Elle n'a d'autre choix que de se tourner vers des agrégateurs privés.
Ce n'est pas leur plus-value qui est en cause - ils offrent des services de veille et d'alerte essentiels. C'est l'absence d'infrastructure publique interopérable qui rend leur existence nécessaire.
On parle souvent de réglementation, de seuils, d'obligations de publication. Mais rarement de la qualité de l'outillage proposé aux acheteurs pour permettre cette transparence.
La réalité : les acheteurs se débattent avec des logiciels métiers hétérogènes, essaient d'éviter les ressaisies, et échouent souvent. La mauvaise qualité des données DECP n'est pas toujours une question de volonté, c'est aussi une question d'outils.
L'État ne peut pas d'un côté imposer des règles de transparence et de l'autre laisser les acheteurs sans infrastructure numérique adaptée.
Certaines données sont légalement ouvertes mais pratiquement inexploitables sans un travail préalable de mise en qualité ou d'archivage. Deux initiatives bénévoles comblent partiellement ce vide.
decp.info prend cette masse de données brutes et la rend lisible, interrogeable, comparable. Sans ce travail de mise en qualité réalisé sur une base privée, les DECP restent difficilement exploitables sans compétences techniques avancées.
Une ressource irremplaçable pour comprendre les pratiques d'achat dans le temps, comparer les cahiers des charges entre acheteurs, et accéder à des documents historiques de la commande publique.
...les données de la commande publique seront réellement interopérables, standardisées et accessibles en un point d'entrée unique. Quand les profils d'acheteurs exposeront des APIs publiques coordonnées. Quand les JAL publieront leurs avis en open data. Quand la donnée ouverte sera aussi exploitable qu'elle est ouverte.
Ce jour n'est pas encore arrivé. En attendant, ce portail montre ce qu'il est déjà possible de construire - et ce qu'il reste à construire.